Qui je suis

Quatorze ans au bord de l’eau.

Je m’appelle Yannick Mytae, expérimentateur de la vie.

Mytae, c’est nous cinq : Maude, Yannick, Théo, Arthur, Emmy.

Il y a quelques années, j’étais un inconscient de l’eau. Comme beaucoup. Je faisais attention à ma nourriture, à ma façon de me soigner, à mon hygiène de vie – l’eau, elle, restait hors de mon champ.

Cette page raconte ce qui s’est passé entre ce moment-là et aujourd’hui. Pour moi ça tient en une phrase : je suis passé de la matière à l’être.

Yannick Mytae, en extérieur, regardant l’objectif
Une goutte suspendue à un brin d’herbe
Maude Mytae – Quand l’eau rencontre la terre

Avant

Le chiffre, la voiture, les objectifs de fin de mois.

Je suis très vite devenu cadre technico-commercial dans le monde des énergies renouvelables. Un grand secteur. La voiture de fonction, les hôtels, les restaurants. Et plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires à réaliser. J’ai fait ce qu’on fait.

En 2012, rupture. Avec ma compagne, nous avons décidé de quitter cette vie.

« Nous décidons de quitter cette vie dépourvue de sens, où le profit, la carrière et la réussite matérielle étaient la seule finalité. »Ses mots

2012 – 2015

La roulotte qui gigote.

Une idée, et nous avons tout quitté dessus.

Nous avons vendu tout ce que nous possédions. Pas pour alléger : pour sortir. Ce qu’on nous avait appris tenait en une ligne, gagner, posséder, recommencer, et nous voulions savoir ce qu’il restait quand on retire cette ligne. À la fin nous n’avions plus d’argent. C’était le but.

Alors nous avons construit une roulotte. Je ne savais pas souder. Éric, rencontré à un cours de méditation, a d’abord refusé. Il ne s’en sentait pas légitime. Puis il a accepté. Trois heures, juste ce qui m’était nécessaire. En fait c’est comme ça que tout se faisait : on décidait, et les moyens arrivaient après.

Deux chevaux de trait, les enfants, et la France au pas. Deux ans et demi à déconstruire nos croyances une à une.

C’est là que l’eau est arrivée. Pas par la conscience : par le seau.

« Pendant deux ans et demi, l’eau est devenue, au sens le plus physique du terme, une priorité. Mes chevaux buvaient entre cent et deux cents litres par jour : il fallait la trouver, la porter à la main, la transporter. Et déjà se posait cette étrange distinction – une eau “potable” pour ma famille, une autre pour mes animaux… »Ses mots – introduction du livre

Cette distinction-là, une eau potable pour ma famille et une autre pour mes animaux, je ne l’ai jamais lâchée depuis.

De cette aventure qui a changé nos vies à jamais, avec Maude nous avons fait un livre, La roulotte qui gigote. En deux ans et demi, j’ai construit deux roulottes. Elles ne roulent plus, mais toutes les deux servent encore d’habitat insolite.

La roulotte tractée par deux chevaux de trait, sur une route au petit matin
La roulotte qui gigote – 2012

2015 – 2018

Le bus, et Mélusine.

En 2015 nous avons continué le nomadisme, cette fois dans un ancien car scolaire devenu notre maison. En quête d’autonomie, l’eau est redevenue le point central : pour être libres de nos déplacements, il fallait pouvoir la potabiliser nous-mêmes.

C’est là qu’est entrée dans notre vie la fontaine Mélusine, conçue par la société AquaDyn à Auroville, en Inde.

Pour moi ce n’était qu’un appareil. Elle servait à pomper dans les lacs, les rivières, et parfois dans des mares d’eau croupie. Et il lui arrivait de défaillir. Mal faite ? Non. Elle n’a pas été conçue pour une vie nomade en bus, et c’est cet environnement-là qui la mettait en défaut. Des fuites, des dysfonctionnements, et moi qui pestais contre elle en cherchant la solution technique. Un jour Maude m’a dit qu’il vaudrait mieux considérer Mélusine comme un être à part entière, bien plus qu’un simple appareil de filtration. J’ai changé de posture. Les fuites ont cessé.

Ces années-là, l’eau attend. C’est moi qui bouge. Je me spécialise dans les émotions, j’anime des stages, je me mets à écrire.

L’eau était loin. Et tout ce qui s’est fait à cette époque m’a fait faire un saut quantique le jour où j’ai plongé au cœur de l’eau.

L’ancien car scolaire vert, devenu maison, et la famille devant
Le car scolaire, devenu maison – 2015

2018 – 2019

La Grèce, et la remorque.

Durant quelques mois en 2018, nous avons loué une maison, le temps de préparer la suite. Mélusine était installée au milieu de la pièce principale, et fonctionnait parfaitement. Nous avons commencé à planifier un road trip en 4×4 sur la terre des dieux, en Grèce. Maude m’a demandé ce que je comptais faire de Mélusine. J’ai répondu qu’on ne la prenait pas. Trois enfants, deux chats, une tente de toit : le 4×4 était déjà plein.

Mélusine s’est mise à fuir. La bonne vraie fuite, celle qui mouille bien.

J’ai regardé Mélusine, Maude, puis encore Mélusine et Maude. Et j’ai dit : d’accord, on prend Mélusine.

J’ai acheté une remorque, un panneau solaire, des cuves à eau. Et j’ai construit, sans le savoir, ma première station de potabilisation et de dynamisation autonome et transportable. Nous sommes partis fin 2018. Le Péloponnèse, la Crète. Elle n’a jamais aussi bien fonctionné que sur les pistes chaotiques de Grèce.

Là-bas nous allions où les énergies nous attiraient, pas où il y avait à voir. On trouvait un champ, on se posait, on partageait un temps l’énergie. Nous avons médité en famille, beaucoup. L’eau était partout, et elle n’y est pas pour rien.

Le 4×4 avec sa tente de toit et sa remorque, au bord de la mer
Le 4×4, la tente de toit, et la remorque qui potabilise

2019 – 2020

Le Canada.

Le Canada, c’est un pays d’eau. Nous en avions envie depuis des années, en famille. Maude a tiré au sort un permis vacances-travail pour sa dernière année, ce qui nous donnait deux ans de visa. Nous avons revendu ce que nous avions. C’est comme ça que nous faisons à chaque fois, pour préparer le projet d’après.

Nous sommes partis avec les enfants, le chien, et dix valises. Dans l’une des dix, il y avait la fontaine. Démontée, elle ressemble quand même à une bombe : des cylindres, un boîtier électronique derrière. J’avais emporté tous les papiers pour la douane. Tout est passé.

Depuis la Grèce, j’ai cette sensation que quelque chose nous protège avec cette fontaine.

C’est dans ces territoires d’eau que je l’ai su. Un jour, lors d’une séance de thérapie en visio, on m’a dit que l’eau était mon sujet, bien plus que ce que je ne le croyais. Et que j’allais faire des choses qui dépasseraient tout ce que je pouvais imaginer à cet instant.

C’est là que j’ai commencé, consciemment, à nourrir mon lien à l’eau, en me demandant ce que je pouvais bien faire.

Nous sommes rentrés en France fin 2020.

Fin 2020 – 2021

Totoro, et l’entrée dans la technique.

Au retour du Canada nous avons aménagé Totoro, un poids lourd devenu maison. Nous y vivons toujours. Début 2021 j’y ai installé la fontaine Jalamo, une autre fontaine d’AquaDyn Auroville. Le temps d’adapter Mélusine. Elle nous avait suivis au Canada, démontée depuis la Grèce, et elle est remontée dans le camion mi-2021.

Très vite, j’ai intégré Rebirth Water. Et c’est ça qui m’a ouvert la technique. Je suis allé beaucoup plus loin dans le procédé AquaDyn Auroville. Et c’est là qu’est née la fontaine nomade : une fontaine en kit, à adapter quand on vit sur la route. J’y ai mis tout ce que les cinq années précédentes m’avaient appris de l’invisible.

David Lesage me le répétait depuis des années. Il est musicien, il travaille le 432 Hz et l’impact du son sur le vivant. Il me disait : ce serait génial qu’on puisse envoyer le son de mon concert dans l’eau, pour boire le concert. J’avais tous les éléments pour le faire, et je n’avais pas compris. Et puis d’un coup, tout est devenu possible dans ma tête. J’ai modifié la fontaine, je lui ai envoyé un prototype, et nous avons commencé.

Ensuite Pierre Aslan, géobâtisseur, spécialiste de la géométrie sacrée. Les ondes de forme, les solides de Platon, et ce qu’ils font au goût de l’eau.

Transparence

Rebirth Water, et ce que j’en ai fait.

Je suis devenu associé de Rebirth Water, qui distribue en Europe les fontaines équipées du procédé de filtration et de dynamisation d’AquaDyn Auroville. J’y ai appris la matière : les membranes, les débits, ce que les gens demandent vraiment quand ils achètent une fontaine.

De 2021 à fin 2022. Puis j’ai revendu mes parts et cessé cette activité.

Aujourd’hui je n’ai plus de parts, aucun mandat, et aucune rémunération sur la vente d’une fontaine. Je ne recommande aucun produit, et je n’ai accepté aucune affiliation. Concevoir n’est pas recommander : les appareils que je conçois portent mon nom, et vous les trouverez sur ce site.

Une toile constellée de gouttes de rosée

Comment je conçois

Je n’ai jamais commencé par le marché.

Si j’avais un objectif commercial, je chercherais d’abord la cible et le débouché, et je m’y adapterais. Mon processus est l’inverse.

J’ai une idée, une intuition, une envie. Je la réalise sur mes fonds propres, qui sont loin d’être confortables. C’est un choix de vie et un choix de famille : on croit en nos rêves. Puis je m’en sers. Et c’est en m’en servant que je découvre ce que l’appareil sait vraiment faire. C’est ce qui s’est passé avec le Borvo.

D’autres n’ont jamais vu le jour. Pas faute d’idée : je n’allais pas alourdir les charges de la famille pour un projet secondaire.

« Il est toujours difficile de travailler sur un prototype. C’est un exercice de longue haleine. Il faut y croire, trouver de la motivation, de l’énergie, du temps et de l’argent, pour obtenir un résultat qui sera peut-être décevant. »Ses mots – La luminescence de l’eau

Et les portes s’ouvrent. Un atelier prêté, un artisan qui dit oui, quelqu’un qui a le tour de main qui me manque. Qui je suis, couplé à notre vie hors norme, m’ouvre parfois des voies que je n’aurais pas su imaginer. C’est la magie de cette vie, et elle vient avec ses difficultés.

Je ne connais pas l’équilibre financier de tout ça. Ni de mes recherches, ni de ce que je partage. Aucune de mes créations n’est destinée à un brevet ou à des royalties. Je le fais, et je fais confiance à ce que la vie me propose.

Les travaux, année par année

Des prototypes, des fermes, des fontaines démontées, et des gens qui acceptentd’essayer avec moi.

2021à partir des fontaines et du procédé AquaDyn Auroville
  • Une fontaine nomade, basée sur le procédé AquaDyn Auroville
  • Le goût de l’eau et les fréquences sonores, avec David Lesage
  • L’impact des ondes de forme sur le goût de l’eau, avec Pierre Aslan, géobâtisseur
  • L’information de l’eau par le son, en direct pendant un concert de musique acoustique, avec David Lesage
2022à partir des fontaines et du procédé AquaDyn Auroville
  • L’impact de l’eau dynamisée sur les cultures d’une ferme
  • Des fontaines modifiées pour les sonothérapeutes, afin qu’ils informent l’eau en direct par leurs soins sonores
  • Les protéodies de Joël Sternheimer
  • Formation et expérimentation à la musique des plantes
  • L’observation de la capacité adaptative de l’eau
2023à titre indépendant, sans objectif commercial
  • Un biodynamiseur « tampon » pour l’alimentation en eau d’une ferme maraîchère
  • L’électroculture, et sa connexion avec l’eau
  • La stabilisation de l’eau en conditions précaires
  • Le prototype Water Life Project – géométrie sacrée et solides de Platon
  • Des prototypes d’œufs vortex en verre
  • La fontaine « Cœur », basée sur le mouvement du vortex
  • Une fontaine de filtration low tech et open source, les prémices d’Akua-Nsuo
2024à titre indépendant, sans objectif commercial
  • Un vortex autonome, pour dynamiser et stabiliser un volume d’eau
  • Onze semaines au bord de l’eau, en France et en Espagne, dans le cadre de l’écriture de La luminescence de l’eau
  • Une fontaine à filtration par osmose inverse avec adjonction de plasma marin de Quinton, encore une avancée vers Akua-Nsuo
  • Des fontaines vortex d’intérieur, faisant aussi office de filtre électromagnétique
  • Une fontaine pour des événements de 50 à 250 personnes
  • Un prototype de fontaine Destinée à double niveau bois
2025à titre indépendant, sans objectif commercial
  • La série EVEIL, dessinée et prototypée avec des soignants, pour des centres spécialisés
  • Le dynamiseur Borvo, né du travail avec un nouveau souffleur de verre
  • La carte électronique de pilotage, développée en famille avec mon père, François-Xavier, et Théo
  • La fontaine Akua-Nsuo : osmose inverse, œuf en verre à double hélice, douze minutes de vortex toutes les six heures
  • Un dynamiseur adaptable sur les fontaines à gravité, dont Bertrand, fondateur de Bambou Créations, a été le client zéro et a réalisé l’habillage
  • Un dynamiseur autonome et solaire pour l’eau d’arrosage
  • Un filtre vortex nomade, à faire soi-même, resté sur le papier et jamais réalisé
  • La fontaine Mélodia, avec Théo et l’application Melodia Therapy dont elle porte le nom : une Destinée à deux haut-parleurs et écran tactile, où le vortex, le son et la lumière tiennent dans un seul objet
  • Un stage de fabrication de fontaine, dans le Sidobre, au-dessus de Castres
2026une année d’abord prise ailleurs, et le retour aux chantiers eau fin juin
  • Le départ en Europe en mai, et la fin du présentiel : plus de stage, plus d’atelier
  • L’observatoire de la potabilité de l’eau, commune par commune
  • Le retour sur les chantiers eau, depuis fin juin

Et, tout du long jusqu’au départ : des conférences, des stages, des formations.

Ce qui n’a pas abouti

Trois projets, et ils comptent autant que le reste.

  • Le container de potabilisation autonome et mobile

    Sur une idée imaginée et poussée par Alain Devesly, fondateur de Rebirth Water. J’ai travaillé plusieurs mois sur le projet, pour lui donner une dimension d’autonomie et de réalisation, en vue d’un projet pilote au Maroc. Le financement n’est jamais venu. D’autres ont réessayé après mon départ, sans plus de succès. C’est le regret que j’ai emporté en quittant Rebirth Water.

  • Les forages sur l’eau primaire, en Catalogne

    Sur un domaine de trois cents hectares. La pré-étude était faite, les conditions étaient réunies. Ça ne s’est pas fait, et je le regrette encore.

  • L’adjonction de plasma marin de Quinton dans Akua-Nsuo

    J’étais parti sur une pompe péristaltique. Mon père, qui a longtemps dirigé un bureau d’études en électronique, m’a dit de faire un effet venturi à la place. Il a passé des semaines dans son fablab et prototypé plus de cinquante versions de la pièce, jusqu’à un résultat qui commençait à tenir. Et mes propres essais me disaient qu’automatiser cette adjonction, même en quantité infime, n’était pas la bonne idée. J’ai lancé Akua-Nsuo sans le plasma, en laissant la fontaine capable de le recevoir plus tard, sans rien ajouter.

Aujourd’hui

Je vais toujours chercher mon eau, et je la potabilise moi-même.

Je suis nomade, en Europe, pour deux ans. Vers la Géorgie, en passant par les pays scandinaves.

La tiny house a été construite en 2025 et a fait son premier tour de roue en octobre. Elle se tracte derrière Totoro : nous vivons dans les deux. Nous sommes sur les routes d’Europe depuis mai 2026.

  • J’écrisLa luminescence de l’eau (2024), Le fil de l’eau (à paraître), un article le dimancheLivres · Articles
  • J’enregistreun épisode le mercrediPodcast
  • Je publie des donnéesla potabilité de l’eau, commune par communeL’observatoire
  • J’enseigneà distance, en vidéo et en directApprendre
  • Je conçoisdes appareils – et je cherche qui les fabriqueConcevoir

Plus rien en présentiel : je bouge trop pour promettre une date et un lieu.

D’où je parle

Sur chaque page, je dis où je me tiens.

  • Sur le sol du prouvé

    quand je pose des faits vérifiés et sourcés.

  • Sur le seuil de ce qui s’explore

    quand j’ouvre une question que la science n’a pas tranchée.

  • Dans mon expérience à moi

    quand je partage une intuition, une hypothèse, un vécu.

Vous saurez toujours distinguer les trois. Les sources sont données, et ce sont des sources primaires. Je n’écris pas « c’est prouvé » sur ce qui ne l’est pas, et je ne donne pas de conseil médical.

Ne me croyez pas sur parole. Lisez, doutez, testez, et tirez vospropres conclusions. C’est le seul pacte que je vous demande.

Ses mots – introduction du livre

Ce que quatorze ans m’ont appris

Quatorze ans, et le sujet n’a fait que grandir. Est-ce que je m’en approche ? Une réponse ouvre cent questions, et l’eau force à l’humilité à mesure qu’on avance.

Alors le vrai chemin n’est pas de me lire. Il est d’aller au bord de l’eau, de s’asseoir, et d’attendre. C’est ce qui m’a tout appris, etça ne demande aucune permission.

Le pas suivant

Le fil de l’eau raconte ces quatorze années : huit parties, cinquante chapitres, et des pratiques à mener soi-même.