Le fil de l’eau · la mesure
Stuttgart, 1952.
1952. Viktor Schauberger a soixante-sept ans. Et il décide de payer de sa poche l’expérience qui va le juger.
11 min 01 · publié le 16 septembre 2026
Texte et voix : Yannick Mytae · Musique et mastering : Arthur Mytae
1952. Viktor Schauberger a soixante-sept ans, et il décide de payer de sa poche l’expérience qui va le juger. Depuis trente ans, le monde académique ne prend pas ses idées au sérieux. Alors il demande à une université technique allemande, à Stuttgart, de soumettre ses conceptions sur l’eau à des essais rigoureux. Le professeur qu’on désigne commence par refuser : il dit qu’il va perdre son temps. Et le ministère allemand des ressources en eau, que Schauberger attaque depuis des années sur sa façon d’aménager le Rhin, propose de couvrir la moitié des frais. Pas pour l’aider : convaincu que des essais impartiaux vont enfin le discréditer.
C’est la seule fois de sa vie où Viktor Schauberger a été mesuré avec des instruments. L’épisode raconte ce que le professeur Franz Pöpel a vu. Un fil de soie qui tourne au centre du tourbillon au lieu d’être plaqué contre la paroi. Trois fils qui s’enroulent les uns autour des autres, même sans entretoises. Du sable et de la limaille de fer qui s’agglomèrent dans l’axe en formes ovoïdes, sèches à l’intérieur. Puis la mesure qui compte, celle du frottement, sur trois tuyaux : un verre lisse, un cuivre droit, et un cuivre enroulé en spirales décroissantes dont la forme est prise sur la corne d’une antilope koudou. Tout est consigné dans un rapport du 15 mars 1952. À la fin des essais, Pöpel veut continuer.
Et il ne s’est rien passé. La suite est donnée en clair : ce que le rapport contient qui ne va pas dans son sens, la reproduction suédoise faite par un institut fondé pour prolonger son œuvre, et surtout ce qui lui a le plus nui. Ce ne sont pas ceux qui le combattaient. C’est ceux qui le défendaient.
Le geste : la prochaine fois que vous videz votre baignoire, restez. Regardez l’entonnoir tourner, et posez-vous la question qu’il a posée à un professeur qui ne voulait pas de lui. Et après ?
Sources : Alexandersson pour la question de la baignoire, la citation écrite de Pöpel, le sable et la limaille · Cobbald pour le fil de soie, les trois fils, et le comportement concédé nouveau pour la science · Alick Bartholomew, seul à avancer que Pöpel aurait minimisé son propre rapport, d’où le conditionnel · Coats, Living Energies, pour la conduite la moins adaptée · le rapport Pöpel du 15 mars 1952, traduit dans The Energy Evolution, pages 219 à 246 · Johansson, Ovesen et Hallberg, Malmö, 2002, pour la reproduction.

- Viktor Schauberger a soixante-sept ans. Et il décide de payer de sa poche l’expérience qui va le juger.
Depuis trente ans, le monde académique ne prend pas ses idées au sérieux. Alors il demande à une université technique allemande, à Stuttgart, de soumettre ses conceptions sur l’eau à des essais rigoureux. Et il propose de financer.
Le professeur qu’on désigne commence par refuser. Il connaît la réputation de son interlocuteur, et il dit qu’il va perdre son temps.
Et puis le ministère allemand des ressources en eau apprend l’affaire. Ce ministère, Schauberger l’attaque depuis des années sur sa façon d’aménager le Rhin. Il propose de couvrir la moitié des frais.
Pas pour l’aider. Parce qu’il est convaincu que des essais impartiaux vont enfin le discréditer, une bonne fois – et faire cesser ses attaques.
C’est la seule fois de sa vie où Viktor Schauberger a été mesuré avec des instruments.
Deux mots pour ceux qui prennent la série en route
Viktor Schauberger, garde-forestier autrichien, né en 1885, aucune formation scientifique. Il a passé sa jeunesse à observer des truites dans les torrents, et il en a tiré une conviction : la qualité d’une eau ne tient pas seulement à ce qu’il y a dedans, mais à son état – sa température, et surtout son mouvement.
Dans les années vingt, il a construit des canaux de flottage que personne n’a jamais su expliquer.
Trente ans ont passé. Il est isolé, ses installations ont été démontées, et son nom est devenu, dans le monde académique, à peu près synonyme de charlatanisme.
Il se rend à Stuttgart avec son fils Walter. En face d’eux, le professeur Franz Pöpel, qui dirige l’Institut d’hygiène de l’université – et qu’un représentant du ministère a dû convaincre de rester. Il n’acceptera d’ailleurs de conduire qu’une partie des essais demandés.
Autrement dit : personne, dans cette pièce, n’a envie que ça marche.
La question de la baignoire
La première chose que fait Schauberger en arrivant, ce n’est pas d’exposer une théorie. C’est de poser une question à Pöpel.
Il lui demande s’il s’est déjà demandé ce qui arrive à l’eau quand elle quitte la baignoire.
On voit très bien la petite spirale en entonnoir se former au-dessus de la bonde. Tout le monde a vu ça. Mais après ? Une fois que l’eau est entrée dans le tuyau, dans le noir – qu’est-ce qu’elle fait ?
Alexandersson raconte qu’à ce moment-là, une faible lueur d’intérêt est apparue dans les yeux de Pöpel.
Ce détail-là, pour moi, il vaut tout le reste de l’épisode. Ce n’est pas un argument qui a fait bouger ce professeur. C’est une question à laquelle il n’avait pas de réponse.
Le premier essai a l’air anodin. On verse de l’eau dans un tuyau de verre étroit, de manière à former un tourbillon – exactement comme dans une bonde de baignoire.
Mais avant de verser, on a suspendu dans le tuyau un fil de soie garni de filaments de cuivre, lesté en bas.
Ce que dit la mécanique est évident : la force centrifuge va plaquer ce fil contre la paroi.
Ce qui se passe : le fil tourne lentement au centre du tourbillon, en décrivant une courbe dans l’espace. Exactement comme Schauberger l’avait annoncé.
C’est la première surprise du professeur Pöpel.
Ce qu’ils n’attendaient pas
Alors ils poussent plus loin. Ils suspendent cette fois trois fils, fixés aux trois coins d’un bloc triangulaire, maintenus par des entretoises. Les fils ont moins de liberté que le premier – et pourtant ils ondulent eux aussi.
Mais surtout : ils s’enroulent les uns autour des autres.
Les expérimentateurs soupçonnent les entretoises. Ils les retirent. Ils reversent de l’eau. Les fils s’enroulent quand même.
Cobbald écrit qu’ils ont alors concédé une chose : ce comportement était nouveau pour la science.
Et ils notent autre chose, sans savoir qu’en faire : l’eau s’assombrit autour des filaments, comme s’il en venait moins de lumière.
Leur conclusion – la leur, pas celle de Schauberger : les forces mécaniques seules, centrifuge et centripète, ne peuvent pas rendre compte de ce qu’ils voient. Il faut supposer que des processus électriques interviennent.
Ils testent ensuite du sable et de la fine limaille de fer, versés dans le tourbillon.
Ce qu’on attend est évident : plus lourds que l’eau, entraînés dans un tourbillon, ils doivent partir vers la paroi. C’est ce que fait une essoreuse.
C’est l’inverse qui se produit. Le sable et la limaille s’enroulent ensemble dans l’axe, au centre, et s’y agglomèrent en formes ovoïdes qu’on récupère à la sortie.
Et quand on en casse une : il n’y a aucune humidité à l’intérieur.
Les trois tuyaux
Vient enfin la mesure qui compte, celle du frottement.
Un tuyau droit en verre, parfaitement lisse. Un tuyau droit en cuivre. Et un troisième, en cuivre, enroulé en spirales décroissantes – dont Schauberger a pris la forme sur la corne d’une antilope koudou. Pöpel trouve d’abord la forme aberrante. Il finit par l’accepter.
Premier résultat, déjà surprenant : le tuyau de verre, celui dont les parois sont les plus lisses, oppose plus de résistance que le tuyau de cuivre. Donc le matériau compte, ce qui n’a rien d’évident.
Et puis il y a la spirale.
Quand on augmente le débit, la résistance ne monte pas comme dans un tuyau droit. Elle descend. Elle tend vers zéro. Et à certains régimes, les appareils enregistrent une valeur négative. Il y a des points de résonance où le frottement passe par un minimum.
Pendant ce temps, dans les tuyaux droits, c’est l’inverse : la résistance monte jusqu’à une sorte de mur, où elle devient plus grande que l’énergie qu’on met à faire couler l’eau.
Pöpel écrit ceci – ses mots à lui, pas ceux de Schauberger :
– Il semble que dans ce tuyau, la colonne d’eau se détache des parois et, oscillant librement, s’élance à travers le tuyau.
Tout est consigné dans un rapport daté du 15 mars 1952.
À la fin des essais, Pöpel n’est plus du tout négatif. Il veut continuer.
Alors je vais vous donner ce que je sais
Et il ne s’est rien passé.
Alors je vais vous donner ce que je sais, et vous verrez bien.
Le rapport du 15 mars existe, avec ses graphiques, il a été traduit et publié – ce n’est pas une légende, c’est un document. Pöpel n’a conduit qu’une partie des essais demandés. Et dans le détail des relevés, tout ne va pas dans le sens de Schauberger : parmi les conduites testées, celle dont la forme était la moins adaptée frottait davantage qu’une conduite de cuivre comparable. Ça aussi fait partie du résultat.
Alick Bartholomew ajoute une chose, et il est le seul à la dire, donc je vous la donne au conditionnel : influencé par les attentes de ses pairs, Pöpel aurait rédigé un rapport minimisant l’importance de ce qu’il venait d’observer – tout en admettant que la friction devenait nulle à deux vitesses d’écoulement précises.
Et la reproduction ? On dit souvent que ces essais n’ont jamais été refaits. Ce n’est pas exact : ils l’ont été, en Suède, par un institut de Malmö, qui écrit noir sur blanc avoir reproduit la génération du vortex et la séparation des particules.
Sauf que cet institut a été fondé pour prolonger l’œuvre de Schauberger. Et une expérience reproduite uniquement par ceux qui y croient n’est pas vraiment reproduite.
Mais le vrai silence ne vient pas de là. Il vient d’ailleurs, et c’est la partie inconfortable de cet épisode.
Ce qui a le plus nui à Schauberger, ce ne sont pas ceux qui le combattaient. C’est ceux qui le défendaient.
En 1956, un auteur autrichien publie un livre pour le faire connaître du grand public. Il a repris ses longs entretiens avec lui, et il les a retravaillés pour les faire entrer dans sa propre compréhension des choses. Le résultat est un mélange de faits et de fantaisie, écrit dans un langage occulte. Dans la foulée, on lit un peu partout que la machine à implosion est prête pour la production en série, qu’il suffit de réunir les capitaux, et qu’on va pouvoir fermer toutes les centrales du monde.
Un lecteur exigeant, devant ça, referme le dossier.
Un homme survit à ses contradicteurs. Il ne survit pas à des enthousiastes qui annoncent en son nom des choses qu’il n’a jamais montrées.
Ce qui reste de Stuttgart
Alors qu’est-ce qui reste de Stuttgart ?
Un homme de soixante-sept ans, sans aucun diplôme, moqué depuis trente ans, qui paie de sa poche pour être jugé.
Il aurait pu passer sa vie à répéter qu’on ne l’écoutait pas. C’est ce qu’on fait, en général, quand on pense avoir raison contre tout le monde – et c’est confortable. Lui est allé chercher les instruments capables de le contredire, dans une université qui ne voulait pas de lui, avec un professeur qui l’avait condamné d’avance, et un ministère qui payait la moitié en espérant l’enterrer.
Et pour moi, c’est là qu’est tout l’homme.
Quand on cherche à imposer sa vérité, c’est en général qu’il y a quelque chose de fragile à l’intérieur, et qu’on a besoin de l’accord des autres pour s’en convaincre soi-même.
Lui n’a rien imposé. Il a demandé à être vérifié. Ce sont ceux qui parlaient à sa place qui imposaient.
On peut discuter des mesures pendant des heures. On ne peut pas discuter de ça.
Le geste
Et après ?
Alors le geste de cette semaine, c’est le sien.
La prochaine fois que vous videz votre baignoire, ou votre évier, ne partez pas. Restez.
Prenez un instant pour vous centrer. Une profonde respiration.
Regardez l’entonnoir se former. Regardez-le tourner.
Et posez-vous exactement la question qu’il a posée à un professeur qui ne voulait pas de lui. Et après ? Une fois que l’eau est entrée dans le tuyau, dans le noir – qu’est-ce qu’elle fait ? Est-ce qu’elle continue de tourner ? Est-ce qu’elle s’arrête ?
Vous n’aurez pas la réponse. Moi non plus.
Mais c’est cette question-là, et pas un argument, qui a fait basculer le seul scientifique qui ait jamais accepté de le mesurer.
Ce qui suit
La semaine prochaine, on laisse les gens de côté et on va regarder ce qu’il a mesuré ce jour-là.
Le frottement. Et je vous préviens tout de suite : ce qu’on sait faire aujourd’hui est plus spectaculaire que ce que vous imaginez.
Le frottement – à paraître
Les sources
- Schauberger demande les essais et les finance ; le professeur Franz Pöpel, de l’Institut d’hygiène de l’université technique de Stuttgart, commence par refuser : Cobbald et Bartholomew, concordants.
- Le ministère allemand des ressources en eau paie la moitié des frais en espérant le discréditer ; un de ses représentants convainc Pöpel de rester : Bartholomew ; Cobbald.
- Pöpel ne conduit qu’une partie des essais demandés : Cobbald. Walter Schauberger participe : Alexandersson ; Cobbald.
- La question de la baignoire, et « une faible lueur d’intérêt dans les yeux de Pöpel » : Alexandersson, verbatim.
- Le fil de soie garni de filaments de cuivre, qui tourne au centre du tourbillon au lieu d’être plaqué contre la paroi : Cobbald.
- Les trois fils qui s’enroulent les uns autour des autres, même après retrait des entretoises ; le comportement concédé « nouveau pour la science » ; l’assombrissement de l’eau autour des filaments ; la conclusion des expérimentateurs sur des processus électriques : Cobbald.
- Le sable et la fine limaille de fer agglomérés dans l’axe en formes ovoïdes, secs à l’intérieur : Alexandersson.
- La conduite de cuivre enroulée en spirales décroissantes, dont la forme est prise sur la corne d’une antilope koudou ; Pöpel juge la forme aberrante puis l’accepte : Alexandersson ; Cobbald.
- Le tuyau de verre plus résistant que le tuyau de cuivre ; la spirale dont la résistance tend vers zéro puis passe en valeur négative ; les points de résonance ; le mur de résistance dans les tuyaux droits : Alexandersson ; Cobbald.
- La phrase écrite de Pöpel – « il semble que dans ce tuyau, la colonne d’eau se détache des parois et, oscillant librement, s’élance à travers le tuyau » : Alexandersson, verbatim.
- Le rapport daté du 15 mars 1952 est traduit intégralement dans Viktor Schauberger, « The Energy Evolution » (Eco-Technology Series, éd. Callum Coats), pp. 219-246 : c’est la référence à donner à quiconque veut vérifier.
- Parmi les conduites testées, celle dont la forme était la moins adaptée frottait davantage qu’une conduite de cuivre comparable : Coats, « Living Energies », chapitre 14.2. Ça fait partie du résultat, et c’est dit à l’antenne.
- ⚠️ Pöpel aurait rédigé un rapport minimisant l’importance de ce qu’il venait d’observer : Alick Bartholomew, SEUL à l’avancer. D’où le conditionnel, obligatoire, et tenu à l’antenne.
- La reproduction en Suède – génération du vortex et séparation des particules : Johansson, Ovesen et Hallberg, « Self-organizing Flow Technology », Institute of Ecological Technology, Malmö, 2002. Cet institut a été fondé pour prolonger l’œuvre de Schauberger, et c’est dit à l’antenne : une expérience reproduite uniquement par ceux qui y croient n’est pas vraiment reproduite.
- Le livre grand public de 1956, mélange de faits et de fantaisie écrit dans un langage occulte, et les annonces de production en série faites dans sa foulée : Alexandersson, chapitre « Fantasy or Reality? ».
- 1885, année de naissance de Viktor Schauberger : date d’état civil, fait établi et non contesté.
- La position finale est une opinion, marquée comme telle à l’antenne, et elle est verbatim du corpus de Yannick, 02/08/2026 : « lorsque l’on veut imposer notre vérité, c’est que nous sommes fébrile à l’intérieur… si je veux les imposer, c’est alors que quelque chose est tellement fragile en moi que je dois l’imposer à l’extérieur pour m’en convaincre moi-même ».
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